
J'aurais pu en prendre des mieux et des plus intéressantes (comme la place du marché) mais pour l'instant c'est tout ce que j'ai.
Laissez-moi vous expliquer le concept.
On est une bonne centaine dans la salle à profiter d'un repas. Les étudiants ERASMUS sont assis, bien sûr. De plus, chacun doit trouver la place qui lui a été attribuée. Si nous sommes sous le service de quatre ou cinq tuteurs pour la restauration et les boissons, nous sommes également sous l'autorité de deux tuteurs, maîtres de cérémonie (MC's).
Mom (Emilia) & Dad (Janne)
Le premier principe à savoir est l'interdiction formelle de se lever de table, même si l'envie d'aller aux toilettes nous fait secouer le bas des reins, coin coin coin coin. Durant le repas, il y aura une pause de 10 minutes où tout le monde pourra aller se soulager. Si on ne respecte pas cette règle, ou si on arrive en retard, on a un gage. Ça peut par exemple consister à devoir chanter ou faire le clown devant tout le monde.
On a à peine commencé l'entrée de crudités que les MC's nous arrêtent d'une crue dictée : "Children of Turku !"
Et à nous de répliquer : "Yes, mom and dad !"
Il est alors venu le temps de chanter. C'est un rituel que l'on va répéter une bonne douzaine de fois au cours de la soirée. D'autres fois, on nous "obligera" même à danser.
"Coin coin coin coin"
Oui, ça peut paraître assez primitif de chanter pour s'amuser, dans une société si rebellement avancée que la nôtre. Mais chanter, ça rend joyeux, faut pas chercher plus loin. Et cela même si les titres sont en suédois ou en finnois.
Ça rend d'autant plus joyeux qu'à la fin de chaque titre, on doit trinquer : "Skål !" (santé en suédois), avec notre verre de snaps (vodka) ou notre canette de öl III (bière 4.7%).
Il y a aussi une façon de trinquer : les garçons par la droite, les filles par la gauche. Et quand on trinque avec une personne du même sexe, ... ne me demandez pas. On doit commencer par trinquer avec son voisin de droite, puis son voisin de gauche, et finalement avec la personne en face de soi. Dois-je aussi préciser le principe primordial du "dans les yeux"...
Au bout de quatre ou cinq chansons, on pouvait déjà distinguer quelques hurluberlus plus joyeux qu'en général.
Mis à part ça, les Français, comme les Allemands ou encore les Italiens, devaient interpréter une chanson de leur terroir.
Sur les bons conseils d'Emeline, les Français se sont mis debout sur leur chaise, en vue de faire partager l'original : "C'est à bâbord qu'on gueule qu'on gueule... C'est à bâbord qu'on gueule le plus fort!"
"C'EST A TRIBORD QU'ON GUEULE QU'ON GUEULE... C'EST A TRIBORD QU'ON GUEULE LE PLUS FORT!"
Oui oui, tribord avait gagné ce soir-là, devant l'incompréhension la plus totale des non Français (et pas au référendum pour cette fois).
Finissons cet article par un hymne biéro-national finlandais, qui est à chanter sur l'air célébrissime de Frère Jacques :
"Lapin Kulta, Lapin Kulta
Karjala, Karlaja
Aura sekä Olvi
Aura sekä Olvi
Koff, Koff, Koff
Koff, Koff, Koff"
"J'vous ai pas raconté la fin de soirée ?"